Israël consolide ses relations avec le Somaliland, transformant cette région sécessionniste de la Somalie en nouveau point d'ancrage de son influence dans la Corne de l’Afrique et la mer Rouge.
La dernière initiative en date est l’installation, mardi 15 juin 2026, à Jérusalem, de l’ambassade de la République autoproclamée du Somaliland. Mohamed Omar Hagi Mohamoud la dirige.
Il est présenté comme le premier ambassadeur du Somaliland en Israël. Il a remis ses lettres de créance au président israélien Isaac Herzog le 18 mai 2026 à Jérusalem.
La quasi-totalité des pays disposant d'une représentation diplomatique formelle auprès des autorités israéliennes ont leur ambassade à Tel-Aviv. Jérusalem devant devenir une capitale pour les Palestiniens et les Israéliens, selon les Nations unies.
Hormis le Somaliland, seuls les États-Unis, le Guatemala, le Honduras, le Kosovo, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Paraguay et les îles Fidji disposent d'une ambassade à Jérusalem, en rupture avec le consensus international.
Le statut de Jérusalem est l'une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien. Israël a annexé Jérusalem-Est dans la foulée de sa conquête de la Cisjordanie lors de la guerre israélo-arabe de 1967, mais l'ONU ne reconnaît pas cette annexion.
L'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas souhaite faire de ce secteur de la Ville sainte la capitale de l'État palestinien pleinement souverain et indépendant auquel aspirent les Palestiniens.
Israël a en effet été le premier pays à reconnaître, le 26 décembre 2025, cette région de la Somalie comme "État indépendant et souverain".
Une visite et des symboles
Du reste, pour sa première visite officielle à l'étranger, le président de la République autoproclamée du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, s’est rendu dimanche dernier en Israël.
Cette visite intervient quelques semaines seulement après qu'Israël a nommé son premier ambassadeur au Somaliland, en la personne de Michael Lotem. Ambassadeur non résident, selon Al-Jazeera, il a déjà représenté son pays au Kenya notamment.
Situé stratégiquement dans la Corne de l'Afrique et le golfe d’Aden, le Somaliland jouit d'une autonomie de fait – et d'une paix et d'une stabilité relatives – depuis 1991, date à laquelle il a fait sécession de la Somalie alors que ce pays sombrait dans la guerre civile.
Il dispose de sa propre monnaie, de son propre passeport et de sa propre armée. Mais il peine à obtenir une reconnaissance internationale, sur fond de craintes de provoquer l'ire de la Somalie et d'encourager d'autres mouvements séparatistes en Afrique.
Grâce à la coopération avec cette région sécessionniste de Somalie, Israël prend pied dans une zone stratégique convoitée. Djibouti accueille en effet des bases militaires françaises, américaines et chinoises, entre autres. Du reste, Somali Guardian a rapporté dimanche qu'Israël avait ouvert une base de renseignement au Somaliland et que des discussions étaient en cours concernant l'éventuelle implantation d'une base militaire israélienne. Des informations démenties par le ministre de la Défense du Somaliland.
S'exprimant auprès de Reuters en marge d'un forum d'affaires organisé par le ministère israélien des Affaires étrangères à Tel-Aviv, Yusuf Ali a démenti les informations selon lesquelles Israël négociait l'établissement d'une base militaire sur le territoire, les qualifiant de "rumeurs".
"Il n'y a aucune présence militaire israélienne ni aucune base militaire au Somaliland", a-t-il déclaré. "Mais Israël aide le Somaliland… en contribuant à la formation de certains de nos policiers et militaires."
Plusieurs pays se sont interrogés sur les motivations de cette initiative, se demandant si elle visait à établir des bases militaires dans une zone où Israël pourrait contrer les Houthis du Yémen, qui ont tiré des roquettes sur Israël pendant les deux années de guerre à Gaza et dont les attaques contre des navires en mer Rouge ont perturbé le trafic maritime.
Bases militaires en question
En février, Abdirahman Mohamed Abdullahi avait déclaré à Reuters que, si le Somaliland espérait une future coopération militaire avec Israël, l'établissement de bases militaires israéliennes n'avait pas été abordé. La Somalie, qui revendique le Somaliland comme faisant partie intégrante de son territoire, a une explication sur l'attitude des Israéliens.
D'après le président somalien, Hassan Sheikh Mohamud, la région séparée du Somaliland a accepté de réinstaller les Palestiniens et d'accueillir une base militaire israélienne. Il a ajouté que la région séparée a aussi consenti à rejoindre les accords d’Abraham en échange de sa reconnaissance par Israël, citant des rapports de renseignement.
D'après les révélations du Monde Afrique, les Émirats arabes unis sont en train de construire dans la ville de Berbera une base militaire pour le compte des États-Unis, alliés stratégiques d'Israël. "Le général Dagvin Anderson, à la tête d’une délégation de l’Africom, le commandement des États-Unis pour l’Afrique, était en visite sur le tarmac de Berbera le 1er décembre 2025", explique le journal. "Les États-Unis ne cachent pas leur volonté de trouver une solution de substitution à Djibouti, où la base américaine côtoie d’un peu trop près, au goût de Washington, la première base militaire ouverte par la Chine à l’étranger, en 2017."
Les protestations de la Somalie, de l’Union africaine et de l’ONU n'arrêtent pas Israël et le Somaliland dans leur lancée.
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