AFRIQUE
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Mondial 2026: l’Afrique séduit mais peine à gérer les fins de match
L’élimination précoce de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et de la RDC du Mondial 2026 traduit un déficit dans la gestion des temps forts des matchs.
Mondial 2026: l’Afrique séduit mais peine à gérer les fins de match
Lamine Camara du Sénégal est consolé par Moussa Niakhate après la défaite 2-3 de son équipe face à la Belgique. / AFP

L’élimination de trois équipes africaines des 16es de finale de la Coupe du monde 2026 passe mal au sein de l’opinion publique africaine. Que ce soit le Sénégal, la RD Congo ou encore la Côte d’Ivoire, toutes ces équipes menaient leurs adversaires respectifs : la Belgique, l’Angleterre et la Norvège, dans les ultimes minutes du match, avant d’être renversées et de perdre la partie.

Jusqu’à la 85e minute de jeu, par exemple, le Sénégal était toujours qualifié pour les 8es de finale grâce à une avance de 2-0. En trois minutes, la Belgique a réussi à combler son retard avant de prendre l’avantage dans les prolongations (3-2).

Réaction immédiate du milieu de terrain Pape Guèye, qui a annoncé "une pause" avec la sélection sénégalaise sur son compte Instagram, pointant la responsabilité du staff technique dans l’élimination du Sénégal.

"Je reviendrai pour vous dire quelques mots par rapport à l’élimination... mais j’annonce aujourd’hui que tant que c’est ce staff technique, je ferai une pause sur la sélection."

Déficit de concentration

Une réaction qui soulève la problématique de l’élimination précoce des équipes africaines des 16es de finale du Mondial dans des conditions similaires. Rudi Garcia, le sélectionneur de la Belgique, a pour sa part souligné le problème de la gestion psychologique de l’équipe sénégalaise en particulier et des formations africaines en général.

"Dans le foot, tout est toujours possible tant qu’on y croit. La force de ce groupe, c’est aussi ceux qui sortent du banc. On ne peut pas faire les résultats à onze. On a bien corrigé le tir à partir du milieu de la seconde période. On perdait trop de ballons, on a corrigé ça et ça a été mieux même si on a pris un deuxième but. On connaît ces équipes-là, ils perdent leur structure tactique vers la fin du match."

Au-delà de la polémique suscitée par ces propos, Rudi Garcia a mis en exergue l’incapacité des équipes africaines à gérer l’intensité psychologique inhérente aux compétitions sportives de haut niveau comme la Coupe du monde.

Pour le match entre la RDC et l’Angleterre par exemple, jusqu’à la 74e minute, les Léopards de la RD Congo étaient encore qualifiés pour les 8es de finale du Mondial (1-0), grâce au but matinal de [[Brain Cipenga]] à la 7e minute.

En onze minutes, aux 75e et 86e minutes, Harry Kane a non seulement rétabli l’égalité, mais aussi donné l’avantage et la victoire à l’Angleterre.

L’Angleterre a ainsi fait montre d’un moral à toute épreuve. À aucun moment l’entraîneur Thomas Tuchel et ses joueurs n’ont envisagé une défaite face à la RD Congo, bien que menés au score.

"Aujourd’hui, cette équipe n’a pas accepté la défaite comme un résultat", a déclaré Tuchel aux journalistes.

"Ils ont tout simplement refusé de l’accepter, et cela me rend très fier car ils ont fait ce qu’il fallait. La journée a été difficile, mais ils se sont ressaisis et nous avons obtenu la victoire méritée."

"On ne cède pas, on ne cède pas. C’est l’esprit de cette équipe. Comme je l’ai dit, ils n’ont pas accepté la défaite et c’est tellement gratifiant de ressentir ça sur le banc de touche en tant qu’entraîneur."

Lacunes techniques

Que dire alors de la prestation des Éléphants de Côte d’Ivoire contre la Norvège ? Dominateurs stériles de la rencontre, les Éléphants ont concédé un but contre le cours du jeu à la 39e minute, par Antonio Nusa, avant qu’Erling Haaland ne marque à la 86e minute, à quatre minutes de la fin du match.

Et le chroniqueur sportif camerounais Martin Camus Mimb de souligner la problématique de la concentration des footballeurs africains.

"Ce petit truc incompréhensible qui fait que tu es obligé de te poser la question qui tue : Comment Haaland, le joueur le plus dangereux, fait-il pour se retrouver tout seul à cet endroit, à ce moment du match ?" s’interroge-t-il sur sa page Facebook.

"LA CONCENTRATION, souligne-t-il. Ce petit truc qui fait qu’on se contente juste de s’être battus, pendant que les autres continuent. Ce petit truc qui donne l’impression qu’on ne doit pas espérer mieux. Mais, il fallait déjà être là-bas."

Au-delà du manque de concentration dans les ultimes minutes de jeu, Patrice Beaumelle, l’ancien entraîneur de la Côte d’Ivoire de 2020 à 2022, a décelé des lacunes dans le management technique des Éléphants.

"J’aurais aimé voir les Ivoiriens plus rapides, vifs, explosifs et dans la verticalité, une philosophie de jeu qui leur convient bien et avec laquelle ils s’étaient imposés (2-1) contre la France en match de préparation", a-t-il déclaré à Ouest France après l’élimination de la Côte d’Ivoire de la Coupe du monde.

"Ce mardi soir, hier 1er juillet, ils sont entrés dans un faux rythme, sans folie, sans cette fougue et ces appels en profondeur qui auraient pu renverser des Norvégiens patients et chirurgicaux, fidèles à leur registre, explique-t-il."

" (...) la Côte d’Ivoire, conclut-il, aurait pu être plus fulgurante avec ce système de jeu dès l’entame du match."

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L’élimination du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et de la RD Congo au stade des 16es de finale du Mondial semble traduire, d’après les experts, un déficit dans la gestion des temps forts d’une rencontre de football. Le continent rivalise désormais dans le jeu avec les plus grandes sélections nationales du monde ; il lui reste cependant à apprendre à tuer les matchs. Le Maroc en est la seule exception notable.

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SOURCE:TRT Francais