FRANCE
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Crash du vol Ouagadougou-Alger: Swiftair condamnée
La compagnie Swiftair, propriétaire du MD-83 qui s’était crashé en plein Sahel le 24 juillet 2014, a été condamnée lundi à la peine maximale de 225 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris pour homicides involontaires.
Crash du vol Ouagadougou-Alger: Swiftair condamnée
La compagnie Swiftair était propriétaire de l'avion qui assurait le vol d'Air Algérie entre Ouagadougou et Alger

Les familles des victimes ont dû attendre douze ans. Regroupés au sein de l’association "AH-5017 Ensemble", ils ont mené un "combat sans relâche pour la vérité et la justice" qui connaît aujourd’hui son dénouement judiciaire. La compagnie espagnole Swiftair est reconnue coupable d’homicides involontaires ce lundi matin par le tribunal correctionnel de Paris.

Le vol Ouagadougou-Alger d’Air Algérie s’est crashé le 24 juillet 2014 dans le nord du Mali et aucun passager ou membre du personnel d’équipage n’a survécu à ce crash. Le tribunal a estimé que des "négligences" de Swiftair dans la formation et l’entraînement de l’équipage ont "contribué de façon certaine à l’accident", qui avait causé la mort de 116 personnes.

L’accusation a souligné lors de ce procès que le commandant de bord avait manqué une séance obligatoire de remise à niveau portant précisément sur l’antigivrage, et que lui et sa copilote étaient "saisonniers" et sortaient d’une période d’inactivité de plusieurs mois.

Une boîte noire trop endommagée

La nuit du drame, l’aéronef traversait une zone intertropicale orageuse. La non-activation du système d’antigivrage a conduit à la formation de cristaux de glace dans des capteurs de pression, ce qui a entraîné la décélération automatique des moteurs.

L’équipage semble avoir été incapable de contrer cette procédure. La boîte noire a été retrouvée, mais n’a pu être décryptée.

En RelationTRT Français - Crash au Mali en 2014: ouverture du procès de la compagnie Swiftair en France

Les avocats de la compagnie espagnole ont d’ailleurs remis en question les résultats de l’enquête. "On ne saura jamais ce qui s’est dit entre les membres de l’équipage", et "on impute des hypothèses, des conjectures, voire des leçons de morale, mais aucune certitude". Pour eux, la responsabilité de la société n’est pas prouvée, mais repose sur des hypothèses.

Devant la justice espagnole, Swiftair a obtenu un non-lieu dans cette même affaire.

Aujourd’hui, un monument est consacré à ces victimes, une colombe de neuf tonnes se dresse à moins de 2 km de l’aéroport de Ouagadougou au Mali.

Ses ailes écartées veillent sur un livre ouvert où sont gravés les noms des 116 victimes du vol AH 5017 d’Air Algérie dans le désert du Sahel malien. Seize drapeaux représentent les différentes nationalités des 110 passagers (dont 54 Français) et six membres d’équipage de Swiftair, la compagnie espagnole mise en cause dans ce drame.

SOURCE:TRT français et agences