53 jours de canicule et la sécheresse qui perdure dans presque tous les départements. Conséquence directe, la production de fruits et légumes est en baisse et coûte plus cher, car il faut arroser.
Ainsi, ce 12 septembre, le kilo de brocolis se négociait à Rungis à 4 euros, comme l’aubergine. Le haricot vert s’affichait à 8,89 €/kg. La tomate, reine de l’été pour vos salades et fricassées de légumes, se vend 3,56 €/kg… Les tomates grappes étaient à 6,16 €/kg. Rungis étant un marché de gros, les prix sur vos étals seront bien plus élevés.
La fédération nationale Familles rurales a publié début septembre une enquête sur 118 relevés de prix en grande surface réalisés en juin 2026. Le résultat de l’enquête était net : "Les prix de tous les légumes flambent. Ceux des fruits augmentent aussi, mis à part quelques exceptions."
Sur TF1, David Lecomte, directeur des études sur le consommateur de l'institut NielsenIQ, n’était guère plus optimiste. "Sur septembre, il faudra s'attendre à l'augmentation du prix de certains légumes, que ce soit par exemple la carotte, la pomme de terre, l'oignon, qui sont aussi des cultures qui ont été particulièrement touchées par la sécheresse."

Rareté égale cherté
Les canicules et le manque d’eau ont surtout provoqué une chute importante de la production végétale. Fin juillet, selon la filière des fruits et légumes, la récolte de tomates était donnée en recul de 25 %, alors que l’épisode de sécheresse n’était pas terminé. Les pertes en salades étaient estimées entre 30 % et 50 % dans certains bassins, en carottes d’au moins 20 % et en brocolis de 40 % à 70 %.
Il n’est pas rare ces jours-ci de voir des espaces vides dans nos étals. Certains fruits et légumes sont en rupture de stock. Selon Nielsen IQ, le taux de rupture des salades en sachet a atteint 20 % dans les hypers et supermarchés durant la première semaine d’août.
Courgettes, tomates, concombres, choux ou pommes de terre pourraient également être concernés.
Et la logique économique s’est de suite appliquée, la rareté faisant la cherté. Il n’est désormais pas rare de voir le kilo de tomates s’afficher à 4,50 euros, voire 5 euros le kilo. Les tomates allongées ou grappes avoisinent même les 7 euros.

La revanche des légumes biscornus
Les réseaux sociaux fourmillent de photos de consommateurs ahuris devant les prix affichés. Ainsi, un gérant d’épicerie de Fussy, dans le Cher, dénonce les prix pratiqués par les grandes enseignes en publiant une photo de tomates vendues à plus de 8 euros. "Nous vous mettons une photo prise dans un centre commercial de tomates où le prix au kilo dépasse l'entendement ... Nous avons vendu nos dernières tomates identiques à 5,95 euros le kilo." D'autres internautes n’hésitent pas à accuser la grande distribution de faire grimper les prix artificiellement.
Enfin, si vos fruits et légumes sont plus chers, ils sont aussi moins "beaux", moins parfaitement ronds ou un peu biscornus, car les pics de chaleur ont occasionné une croissance en dents de scie.
Les principales enseignes se sont engagées auprès des producteurs à être plus tolérantes, notamment sur les calibres et les aspects des fruits et légumes.
"Les produits sont peut-être moins jolis que d'habitude, mais achetez-les quand même, vous soutiendrez ainsi les agriculteurs français", a lancé Dominique Schelcher, le PDG de Coopérative U, dans le quotidien Le Parisien fin août.





















