Les autorités israéliennes ont transféré la journaliste palestinienne et détenue Bouchra al-Tawil, 33 ans, à l’isolement dans la prison de Ramla, près de six mois après son arrestation et son placement en détention administrative, a annoncé lundi la Société des prisonniers palestiniens.
L’organisation a indiqué qu’ Al-Tawil, originaire de la ville d’Al-Bireh, en Cisjordanie occupée, avait été arrêtée en février avant d’être placée en détention administrative. Elle avait déjà été détenue à plusieurs reprises, la plupart du temps dans le cadre de cette même procédure, a-t-elle ajouté.
Selon la société, Bouchra al-Tawil avait été arrêtée pour la première fois en 2011, alors qu’elle était âgée de 18 ans. Son père, Jamal al-Tawil, est également détenu dans une prison israélienne et figure parmi les prisonniers palestiniens ayant passé de longues périodes en détention administrative.
La Société des prisonniers palestiniens affirme que la famille a fait l’objet de perquisitions et de harcèlement répétés, notamment de dégradations délibérées de leur domicile lors des arrestations.
L’organisation précise que Bouchra al-Tawil avait déjà été placée à plusieurs reprises à l’isolement pendant sa détention actuelle dans la prison de Damon, estimant que son récent transfert s’inscrit dans une série de mesures punitives prises à son encontre.
Ce transfert intervient alors que les conditions de détention des femmes palestiniennes dans les prisons israéliennes se seraient fortement dégradées. La Société des prisonniers palestiniens fait notamment état de privations alimentaires, de restrictions d’accès aux soins médicaux, de placements à l’isolement et de mauvaises conditions sanitaires.
Elle affirme également que la gale s’est propagée parmi les détenues en raison de conditions d’hygiène et de soins insuffisantes.
Selon l’organisation, environ 90 femmes palestiniennes sont actuellement détenues dans des prisons israéliennes.
“Un niveau de brutalité et de mépris sans précédent”
La Société des prisonniers palestiniens affirme que le transfert d’Al-Tawil fait suite à la visite, dimanche, du ministre israélien d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, dans le quartier réservé aux femmes de la prison de Damon.
Le ministre avait publié des images de sa visite, une scène qui, selon l’organisation palestinienne, témoigne d’un “niveau de brutalité et de mépris sans précédent pour la dignité et les droits des détenues”.
La société accuse également les autorités israéliennes de soumettre les détenues palestiniennes à des perquisitions systématiques, à des enregistrements vidéo et à des fouilles intrusives, y compris des fouilles à nu forcées.
Selon l’organisation, l’isolement, le refus de soins médicaux, les privations alimentaires et les conditions de détention difficiles feraient partie des mesures imposées aux prisonniers palestiniens depuis le début de la guerre menée par Israël contre Gaza en octobre 2023.
Elle affirme que les prisons israéliennes sont devenues des “lieux de torture”, qu’elle considère comme l’un des aspects les plus importants des violations en cours, et tient Israël pour pleinement responsable de la sécurité de Bouchra al-Tawil et des autres femmes palestiniennes détenues.
La Société des prisonniers palestiniens appelle les organisations internationales et les associations de défense des droits humains à intervenir d’urgence afin de mettre fin à ces violations et de protéger les détenues.
Selon des organisations palestiniennes et israéliennes de défense des droits humains, environ 9 500 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes, dont quelque 90 femmes et plus de 350 enfants. Ces organisations font notamment état de privations alimentaires, de torture et de négligence médicale.






















