“Les États-Unis ont tout à perdre à entrer dans une guerre commerciale avec l'Europe”, avertit Paris
La France met en garde Washington contre une escalade commerciale, alors que Trump menace d'imposer des droits de douane sur l'automobile et d'autres secteurs stratégiques.
Lemoine a réaffirmé l’importance des relations économiques transatlantiques et a dénoncé une politique protectionniste qui mettrait en péril l’équilibre des échanges commerciaux. / Photo: AA (AA)

Les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne (UE) s’intensifient après les récentes déclarations de Donald Trump sur l’imposition de nouveaux droits de douane.

Christophe Lemoine, porte-parole de la diplomatie française, a prévenu que "les États-Unis ont tout à perdre à entrer dans une guerre commerciale avec l'Europe”.

Lors de son point presse hebdomadaire ce jeudi, Lemoine a réaffirmé l’importance des relations économiques transatlantiques et a dénoncé une politique protectionniste qui mettrait en péril l’équilibre des échanges commerciaux. "Nous sommes le premier partenaire commercial des États-Unis", a insisté Lemoine, soulignant que toute initiative punitive de Washington provoquerait une riposte de l’UE.

Donald Trump a récemment annoncé son intention d’appliquer des droits de douane de 25 % sur l’importation de véhicules européens aux États-Unis, ainsi que sur les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques. Il justifie cette mesure par un déficit commercial de 350 milliards de dollars et un traitement jugé "injuste" des exportations américaines.

Face à cette menace, l’UE a cherché à apaiser les tensions en proposant à Washington des accords commerciaux incluant des achats accrus de gaz naturel, de véhicules et d’armements américains. Toutefois, Bruxelles a également averti qu’elle répondrait avec fermeté si ces nouvelles taxes venaient à être appliquées.

Lemoine a rappelé que malgré ces tensions, le dialogue avec Washington restait ouvert et nécessaire, notamment sur d’autres dossiers internationaux comme l’Ukraine. Mais la posture de la Maison-Blanche, marquée par un changement de méthode par rapport à l’administration Biden, complique les négociations en cours, selon les responsables européens.

Les derniers échanges entre les représentants européens et américains n’ont pas permis de dissiper les inquiétudes. La Commission européenne a réitéré sa volonté d’ouvrir des négociations pour éviter une escalade, mais Washington semble déterminé à imposer ces nouvelles taxes dès avril prochain. De son côté, l’Allemagne, dont l’industrie automobile est particulièrement exposée, a intensifié ses pressions diplomatiques pour éviter un choc économique.

Le président français Emmanuel Macron doit se rendre lundi à Washington pour tenter d’infléchir la position américaine, tandis que l’UE prépare en parallèle des mesures de représailles ciblées.

TRT Français et agences