Amnesty: l’envoi d’armes à Israël viole la Convention sur le génocide
L’organisation a fait référence à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide répression.
Amnesty International a demandé un "arrêt des livraisons d'armes et de matériels de guerre à Israël" / Photo: AFP (AFP)

Amnesty International a déclaré ce jeudi que "les gouvernements qui continuent de fournir des armes à Israël pourraient se retrouver en violation de la Convention sur le génocide" contre les Palestiniens dans la bande de Gaza.

"Étant donné que la Cour internationale de Justice a perçu (NDRL, dans une ordonnance rendue en janvier) un risque plausible de génocide contre les Palestiniens à Gaza et à la lumière de l'obligation internationale de tous les États de prévenir le génocide, les gouvernements qui continuent de fournir des armes à Israël pourraient se retrouver en violation de la Convention sur le génocide", affirme l'organisation internationale, sur son compte officiel sur la plateforme X.

Depuis le 7 octobre dernier, Israël mène une guerre contre Gaza qui a fait plus de 113 000 morts et blessés, dont la plupart sont des femmes et des enfants, en plus d’environ 10 000 disparus, dans un contexte d’énormes destructions et de famine qui a déjà coûté la vie à plusieurs enfants et personnes âgées.

Israël poursuit la guerre malgré l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU stipulant un cessez-le-feu immédiat, et malgré la décision de la Cour internationale de Justice exigeant des mesures immédiates pour prévenir les actes "génocidaires" et améliorer la situation humanitaire à Gaza.

Le président américain Joe Biden a menacé, ce mercredi, de s’abstenir de fournir à Israël des armes destinées à attaquer la ville de Rafah. C’est la première fois que les États-Unis conditionnent leur aide militaire à Israël.

Biden a, toutefois, reconnu que les armes américaines avaient été utilisées pour tuer des civils à Gaza, notamment des bombes de 900 KG. Le secrétaire d'État à la Défense a confirmé que Washington avait stoppé l’envoi d’une cargaison de bombes vers Israël, Tel Aviv ne tenant pas compte des inquiétudes américaines au sujet d’une opération sur Rafah.

En France, des parlementaires et des organisations non gouvernementales (ONG) ont intensifié les pressions sur le gouvernement à propos des exportations d'armes françaises.

Une lettre ouverte d’Amnesty International adressée au président français demande expressément un "arrêt des livraisons d'armes et de matériels de guerre à Israël". La lettre souligne que la France a la responsabilité de prévenir le génocide, ce qui implique de s’abstenir de fournir à Israël des moyens facilitant des actes potentiellement génocidaires.

AA