Le Conseil de la nation, équivalent du Sénat en Algérie, a annoncé, mercredi, la “suspension de ses relations” avec le Sénat français, pour protester contre une récente visite de son président Gérard Larcher au Sahara occidental, où l’Algérie soutient le Front Polisario contre le Maroc.
L’instance algérienne a dénoncé “un acte inacceptable qui méprise la légitimité internationale et s'oppose aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies", selon les termes d’un communiqué du Conseil de la nation.
Un nouvel épisode de la crise
Les relations entre Alger et Paris n'ont cessé de se détériorer depuis un changement de cap du président Emmanuel Macron, fin juillet, quand il a affiché son soutien au plan d'autonomie "sous souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. Alger avait à ce moment-là immédiatement rappelé son ambassadeur à Paris et menacé d'autres représailles.
Depuis quelques semaines, les tensions s’exacerbent. Le dernier épisode en date dans la crise diplomatique entre les deux pays est la suspension immédiate des relations avec le Sénat français.
"Dans une dérive d'une extrême gravité, reflétant la montée de l'extrême droite française et sa domination sur la scène politique, le président du Sénat français a effectué une visite dans la ville de Laâyoune occupée", a dénoncé l'institution algérienne.
Selon le Conseil de la nation, il s'agit d'un "acte inacceptable qui méprise la légitimité internationale et s'oppose aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies".
En février de l’année dernière, l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, avait rendu visite au Maroc et réitéré la volonté de son pays d’accompagner les efforts marocains de développement de cette région.
“Le Maroc a beaucoup investi dans les projets de développement au bénéfice des populations locales et en matière de formation, d’énergies renouvelables, de tourisme, d’économie bleue liées aux ressources aquatiques”, a-t-il déclaré.
Plus récemment, la ministre française de la Culture, Rachida Dati, s’est rendue dans la région du Sahara occidental pour y ouvrir un centre culturel français.
La visite, première du genre d’un ministre français dans la région, a été, encore une fois, vivement condamnée par l’Algérie.