Alger met en garde Paris contre toute “mesure attentatoire à ses intérêts”
La France a pris des mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire français pour certains dignitaires algériens, a annoncé mardi Jean-Noël Barrot.
Depuis juillet, les relations entre l’Algérie et la France se dégradent à cause du soutien explicite qu’apporte la France au Maroc dans le dossier du Sahara. (Others)

Alger a mis en garde, par le biais de son ministère des Affaires étrangères, la France contre toute “mesure attentatoire à ses intérêts”, menaçant de prendre des “mesures réciproques, strictes et immédiates”.

Cette mise en garde intervient après que le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a annoncé mardi sur BFMTV que des mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire français ont été mises en place pour certains dignitaires algériens..

L'Algérie a également exprimé sa surprise et son étonnement face aux mesures prises par le gouvernement français à l’encontre de ressortissants algériens titulaires de documents de voyage spéciaux les exemptant de formalités de visas.

"Le gouvernement algérien exprime sa surprise et son étonnement quant à cette annonce dont il n’a été aucunement informé comme le commandent les dispositions de l'article 8 de l'accord algéro-français en matière d'exemption réciproque de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques ou de service", souligne le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.

Il a en outre précisé que les autorités algériennes "n’ont aucune connaissance de pareilles mesures restrictives à l’exception de deux cas précis” intervenus récemment.

"Le premier cas, sur demande d’explications algérienne, a fait l’objet d’expression de regrets de la part des autorités françaises et a été qualifié d’incident malheureux dû à une rupture dans la chaîne de commandement. Le deuxième cas intervenu très récemment fait l’objet actuellement d’une même demande d’explications adressée aux autorités françaises", explique le ministère.

Une “longue liste d’intimidation”

Pour le ministère algérien, ces nouvelles dispositions s’inscrivent dans le cadre d’une “longue liste de provocations, d’intimidations et de menaces dirigées contre l’Algérie”, assurant que celles-ci sont de nul effet sur le pays qui n’y cèdera pas.

"L'Algérie est manifestement devenue l’enjeu de querelles politiques intra-françaises où tous les coups bas politiciens sont permis dans le cadre d’une compétition, dont l’extrême droite est l’instigateur, le référant et le donneur d’ordres”, a déploré le ministère.

Il a enfin averti que cette “dynamique qui entraîne dans son sillage, non seulement des forces politiques françaises, mais également des membres du gouvernement français, peut avoir des conséquences incalculables sur la relation algéro-française dans toutes ses dimensions”.

Depuis plusieurs mois, les rapports entre les deux pays ne cessent de se dégrader, suite à l'annonce fin juillet par Paris d'un soutien au plan d'autonomie marocain pour le Sahara.

Mais la brouille s'est amplifiée avec la détention en Algérie de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal puis l'arrestation en France de plusieurs influenceurs algériens et franco-algériens pour apologie de la violence.

TRT Français et agences