Cette visite, annoncée mi-mai par le ministre de l'Intérieur français, s'inscrit "dans la continuité de son déplacement les 16 et 17 février derniers à Alger", d'après le ministère français de l'Intérieur.
Laurent Nuñez a promis d'évoquer avec son homologue algérien le cas du journaliste Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie, assurant par ailleurs que les expulsions d'Algériens allaient "monter en puissance".
"J'évoquerai la situation de Christophe Gleizes, évidemment", a déclaré M. Nuñez sur l'antenne de France Inter, avant de recevoir à 15 h place Beauvau son homologue algérien, Saïd Sayoud. "Mais ça, ce sont des choses que nous faisons dans la plus grande discrétion, dans l'intérêt du processus qui a été enclenché", a précisé M. Nuñez.
Le cas de M. Gleizes, détenu depuis juin 2025 en Algérie pour "apologie du terrorisme", fait partie des sujets de tension entre Alger et Paris, comme l'a été celui de l'écrivain Boualem Sansal, gracié par le président algérien fin 2025 après un an en prison.
Les thématiques officiellement au menu lundi sont la sécurité et la lutte contre la criminalité organisée, ainsi que les questions migratoires et de sécurité civile.
Le ministre français de l'Intérieur a, à ce titre, assuré que la coopération reprenait efficacement sur l'immigration, après avoir annoncé courant mai que les expulsions d'Algériens en situation irrégulière avaient désormais recommencé vers leur pays.
Le ministre avait précisé que l'Algérie avait délivré quelque 140 laissez-passer consulaires, document qui autorise le retour sur son territoire de ses ressortissants.
"Il s'agit maintenant d'augmenter le nombre de laissez-passer obtenus, les reconduites vers l'Algérie", a déclaré lundi M. Nuñez. "Les choses se sont enclenchées, il faut maintenant monter en puissance."
Pour le ministère français de l'Intérieur, le souhait du président Emmanuel Macron est de "restaurer avec l'Algérie un dialogue efficace, respectueux de l'intérêt national de chacun".
Après des mois de tensions entre les deux pays, la visite de Laurent Nuñez à Alger avait amorcé une détente des relations entre Paris et son ancienne colonie, indépendante depuis 1962.
La crise avait été déclenchée à l'été 2024 par le soutien apporté par Paris à un plan d'autonomie "sous souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.
Les tensions avaient ensuite été aggravées par l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié par le président Abdelmadjid Tebboune en novembre 2025.
Autre étape dans le rapprochement entre la France et l'Algérie, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est rendu mi-mai à Alger pour tenter de "rétablir les relations judiciaires" entre les deux pays et évoquer notamment le cas du journaliste Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie.
Le ministre algérien de l'Intérieur sera accueilli par M. Nuñez à son arrivée à la mi-journée à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle.
Les deux hommes se retrouveront à 15 h (13 h GMT) au siège du ministère de l'Intérieur pour un entretien en tête-à-tête avant plusieurs réunions de travail entre la délégation algérienne et les directeurs et représentants du ministère de l'Intérieur.
Un dîner clôturera cette journée.
Lire aussi: Laurent Nuñez à Alger: dégel ou simple parenthèse dans la tempête ?




















