Selon les projections publiées par la chaîne publique CBC et la chaîne privée CTV, les partisans du maintien au sein du Canada ont remporté plus de 76 % des suffrages, contre environ 23 % pour les partisans du référendum promu par le mouvement séparatiste.
Ce résultat est une victoire pour Mark Carney, qui a grandi en Alberta et a parcouru la semaine dernière la province pour appeler les partisans de l'unité du Canada à se mobiliser. Mardi matin, il a salué le "choix clair" de l'"unité" fait par cette province peuplée de cinq millions d'habitants.
"Le Canada est un pays bien plus grand que la somme de ses parties", l'Alberta et le Canada vont aller "de l'avant ensemble, avec une détermination renouvelée et une grande ambition", a-t-il ajouté.
Marginal il y a encore quelques années, le mouvement séparatiste de l'Alberta est devenu un acteur central du débat politique au Canada, suscitant l'intérêt de l'administration Trump et de ses alliés. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a qualifié en début d'année l'Alberta de "partenaire naturel" pour les États-Unis, tandis que les indépendantistes ont été reçus au département d'État.
Le multimilliardaire Elon Musk avait plaidé début octobre pour la sécession de la province.
Mitch Sylvestre, l'un des dirigeants séparatistes, a assuré que son mouvement avait "réveillé quelque chose dans cette province et (que) cet esprit n'est pas près de disparaître". "Nous ne sommes pas ce soir à la ligne d'arrivée", a-t-il dit.
L'Alberta dispose, avec ses gisements de sables bitumineux, des quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole.
Ces richesses sont au centre des revendications des séparatistes, qui affirment que l'État fédéral a étouffé l'industrie pétrolière avec ses réglementations environnementales, en particulier durant le mandat de l'ex-Premier ministre Justin Trudeau.
Rompant avec ce dernier, Mark Carney s'est rapproché des autorités de l'Alberta et a accéléré la construction d'un nouvel oléoduc vers la côte Pacifique.
Ce projet, qui doit permettre d'exporter le pétrole de l'Alberta en Asie, est l'un des piliers de sa stratégie visant à réduire la dépendance du Canada à l'égard des États-Unis.
L’ombre du Brexit plane
David Gallagher, 58 ans, a voté lundi pour rester au sein du Canada. "Aucun des arguments (des séparatistes) n'a de sens", a-t-il dit à Edmonton.
Même s'il ne voulait pas que l'Alberta devienne indépendante, Hayden Chann, étudiant de 21 ans, a soutenu, en revanche, l'organisation d'un référendum "afin de donner le choix au peuple".
En mai, le mouvement séparatiste était parvenu à recueillir suffisamment de signatures pour déclencher un référendum d'initiative populaire sur l'indépendance, avant qu'un juge local ne l'annule pour des motifs constitutionnels.
Mais la dirigeante conservatrice de la province, Danielle Smith, opposée à l'indépendance mais dont le parti compte des séparatistes dans ses rangs, a décidé d'organiser sa propre consultation.
"Merci à l'Alberta !", a-t-elle réagi après les premiers résultats, se félicitant de voir un "large soutien pour le maintien au sein du Canada".
La décision de Danielle Smith de faire voter les Albertains afin d'apaiser la frange séparatiste de son parti avait été comparée par des analystes au pari fait par le gouvernement britannique avec le référendum sur le Brexit de 2016.
Mark Carney, qui était alors à la tête de la Banque d'Angleterre, avait mis en garde les électeurs de l'Alberta contre un "bluff dangereux". Durant les années qui ont suivi le Brexit, "une énorme incertitude a régné, les investissements se sont arrêtés", avait-il rappelé.















