MOYEN-ORIENT
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Israël risque une crise budgétaire face à l'explosion des coûts de la guerre
Un plan de défense de 95 milliards de dollars et des attaques prolongées sur plusieurs fronts suscitent des inquiétudes quant à la stabilité budgétaire, rapporte le média israélien Ynetnews.
Israël risque une crise budgétaire face à l'explosion des coûts de la guerre
Israël risque une crise budgétaire face à l'explosion des coûts de la guerre et des besoins de défense

D'après Ynetnews, l'organe de presse anglophone du groupe Yedioth Ahronoth, Israël est poussé vers un endettement dangereux. Le coût de ses attaques sur plusieurs fronts et l'augmentation des besoins de défense exercent une forte pression sur les finances publiques.

Ynetnews, citant une analyse de Calcalist, indique que le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu peine à maîtriser les dépenses de défense après le 7 octobre 2023, avec un plan de défense proposé de 95 milliards de dollars. Parallèlement, la poursuite des opérations militaires alimente les inquiétudes quant à l'augmentation de la dette et à l'affaiblissement de la stabilité budgétaire.

Le rapport précise que le document classifié "Doctrine et orientations politiques pour 2025-2026" de Netanyahu, élaboré fin 2025, a remodelé la stratégie de sécurité du pays en enjoignant l'armée à se préparer à de multiples théâtres d'opérations et scénarios.

Le document s'apparentait en réalité à une liste d'achats illimitée, Netanyahu ayant apparemment approuvé chaque demande militaire, selon l'analyse.

Les responsables de la Défense ont estimé que l'interprétation la plus large de la politique souhaitée par Netanyahu coûterait environ 800 milliards de shekels (271 milliards de dollars).

Deux plans alternatifs ont ensuite été présentés à Netanyahu, l'un à 152,6 milliards de dollars et l'autre à 84,8 milliards de dollars.

À la suite de négociations entre les ministères des Finances et de la Défense, un compromis a été trouvé pour un montant de 94,5 milliards de dollars sur dix ans, indique le rapport.

Une partie du plan, comprenant l'acquisition de deux nouvelles escadrilles de l'armée de l'air, a été approuvée dimanche par le comité ministériel des acquisitions.

Le rapport met en garde contre les conséquences économiques "dramatiques" de ce plan, soulignant que le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, a déjà déclaré que le pays était sur la voie d'une dette croissante.

Avec le plan de 118,7 milliards de dollars et les efforts déployés pour réduire la dépendance à l'égard de l'aide américaine, le ratio dette/PIB d'Israël devrait atteindre 83 % d'ici 2035, selon le rapport.

Cette projection repose également sur l'hypothèse d'une fin rapide du conflit, une hypothèse que le rapport juge prudente, étant donné que des prévisions similaires persistent depuis début 2024.

Le rapport met en garde contre les conséquences bien plus graves qu'un conflit prolongé pourrait avoir sur le niveau de vie, notamment des pertes physiques et psychologiques, le coût des jours de service de réserve et des dommages plus importants à l'économie et aux finances publiques.

Le ministère des Finances et le ministère de la Défense sont également en désaccord sur le budget, ce dernier réclamant 30 milliards de shekels supplémentaires pour 2026, sans lien avec le conflit, indique le rapport.

Les deux ministères s'étaient entendus en décembre 2025 sur un budget de la défense de 37,6 milliards de dollars, auxquels s'ajoutaient 1,3 milliard de dollars à transférer ultérieurement, tandis que le ministère de la Défense réclamait près de 48,85 milliards de dollars.

Après la guerre, le budget a été réexaminé et 10,8 milliards de dollars supplémentaires ont été alloués aux besoins de la guerre, en plus d'une réserve de 2,3 milliards de dollars qui attend encore une décision, selon le rapport.

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SOURCE:TRT français et agences