FRANCE
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Rapport sur l’audiovisuel public français: Alloncle veut une cure maigreur
Le rapport de 500 pages de la commission parlementaire sur l’audiovisuel public est rendu public aujourd’hui et déjà les réactions sont négatives. Les 80 propositions du rapport n'ont qu'un but: des économies à tout prix.
Rapport sur l’audiovisuel public français: Alloncle veut une cure maigreur
Le rapport Alloncle préconise la disparition de France 4, la fusion des radios locales avec la TV FranceInfo / Reuters

Les auditions de la commission parlementaire sur l’audiovisuel public ont déjà fait beaucoup jaser. Les interviews d’animateurs ou de journalistes ont souvent pris l’allure d’une mise au pilori des personnes auditionnées par le rapporteur de la commission, Charles Alloncle, député UDR de l’Hérault, membre du mouvement d’Éric Ciotti et fervent pourfendeur d’un audiovisuel public.

Sans surprise, son rapport est à la hauteur de ses déclarations de ces derniers mois avec deux constantes : l’audiovisuel public coûte trop cher et l’audiovisuel public boycotte l’extrême droite.

Sa publication ne laisse donc pas insensible. Sur le site de l’Assemblée nationale, la page dédiée au rapport Alloncle est hors service ce matin : erreur 503 (serveurs surchargés).
Même le Premier ministre Sébastien Lecornu réagit et estime que le rapport de Charles Alloncle est une "occasion manquée" et "passe à côté de l'essentiel".

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La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a dénoncé sur X le rapport du député ciottiste Charles Alloncle, "à charge" et visant un "affaiblissement historique" de l'audiovisuel public selon elle.
Le groupe France Télévisions a également commenté le rapport. Il dénonce "une vision élitiste de la télévision publique et formule des orientations qui affaibliraient profondément l’offre pour le public et le secteur des industries créatives". France Télévisions dit aussi regretter qu’il "élude tous les grands enjeux stratégiques d’un secteur audiovisuel en plein bouleversement".

Que contient ce rapport ?
Même les membres de la commission sont divisés sur ce rapport tant il va dans le sens d’une refonte totale de l’audiovisuel public. Jérémie Patrier-Leitus, président de cette commission, déclare ce matin que le rapport est malhonnête : "On ne cherche pas à sauver un secteur ou une entreprise quand on propose de diminuer son budget de 25 % et d’un milliard d’euros".
Charles Alloncle n’est pas tendre dans ses conclusions sur Radio France et France Télévisions. Selon lui, "notre audiovisuel public est soit inadapté aux enjeux de notre époque", écrit-il en préconisant une "refonte totale ou partielle du fonctionnement des grandes entités du secteur, à commencer par France Télévisions et Radio France".
Il propose de fusionner France 24 et Franceinfo TV, de fusionner France 3 et les radios locales Ici (anciennement France Bleu). Pour le député, la radio Le Mouv’ et France 4 doivent disparaître. Il veut réduire de trois quarts le budget des jeux télévisés et d’un tiers le budget des sports de France Télévisions, tout cela pour faire un milliard d’économies.
Sans réelle surprise, il souhaite que les éditorialistes soient issus de la presse privée. On pense de suite à la proximité du député avec le groupe Bolloré qui, selon Mediapart, a envoyé des questions au rapporteur de la commission avant certaines auditions de responsables du secteur.

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Un rapport influencé par Bolloré ?
Un rapport clairement aligné sur les positions traditionnelles de l’extrême droite, qui accuse régulièrement l’audiovisuel public d’être un repère de "gauchistes". Il y a une semaine, le président du parti d'extrême droite, le Rassemblement national, Jordan Bardella, a promis qu'il engagerait "la privatisation de l'audiovisuel public" s'il accède au pouvoir.

Ce rapport est mis en doute par des parlementaires qui étaient dans la commission et qui ont dénoncé des questions à charge, des accusations infondées que le rapporteur lançait à tout-va.
À tel point que l’association AC !! Anti-Corruption a porté plainte pour "prise illégale d’intérêts" et "trafic d’influence", estimant que le député ciottiste Charles Alloncle a influencé la teneur des débats en posant des questions suggérées par la direction de Lagardère News – société de Louis Hachette Group dont la famille Bolloré est le premier actionnaire – afin qu’ils en tirent tous deux des intérêts. Cette plainte contre X a été envoyée samedi 2 mai au procureur national financier.

SOURCE:TRT français et agences