Les tensions au Soudan, les combats en Éthiopie et la gestion des eaux du Nil préoccupent les dirigeants régionaux qui se sont rencontrés au Caire en Egypte à cet effet.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le président érythréen Isaias Afwerki, le président somalien Hassan Sheikh Mohamud et le chef d'état-major de l'armée soudanaise Abdel Fattah al-Burhan – ont publié dimanche une déclaration commune à l'issue d'une réunion à New Alamein City, en Égypte.
L’Ethiopie fait face à la rébellion armée qui combat le gouvernement central au Tigré. Addis-Abeba accuse l'Égypte, l'Érythrée et le Soudan de soutenir les insurgés. Ce que nient les autorités de ces trois pays.
Le Soudan est lui aussi en proie à l'instabilité depuis 2023, avec une guerre civile d’une rare violence. Les Forces de soutien rapide contestent le pouvoir d' Abdel Fattah al-Burhan.
Face à ces crises, le président égyptien El-Sissi a déclaré que les défis transfrontaliers exigeaient “un dialogue, et non une confrontation”.
Soudan, Nil et mer Rouge
Dans une déclaration conjointe, les quatre leaders soutiennent le gouvernement militaire soudanais en guerre contre Forces de soutien rapide. Ils appellent à un processus politique mené par les partis soudanais.
Le contrôle de la mer Rouge devait rester entre les mains des États côtiers souligne par ailleurs la déclaration. Apparemment, en écho à la volonté de l'Éthiopie, pays enclavé, d'obtenir un accès à la mer et une présence navale.

Dans une déclaration à Al-Jazeera, le ministre somalien Mohamud a dit la volonté de son pays de favoriser l'accès de l'Ethiopie à la mer, via ses ports somaliens, sur une base consensuelle.
L’Égypte et le Soudan ont par ailleurs dénoncé la construction du grand barrage de la Renaissance éthiopienne sur le Nil. Il s’agit selon ces États des “mesures unilatérales” qui nuisent aux pays situés en aval du Nil.
Guerre au Tigré
Pendant ce temps, les forces gouvernementales et leurs alliées ont repris la ville de Mekele dimanche. Le Front de libération du peuple du Tigré a déclaré avoir “temporairement quitté” la capitale régionale du Tigré pour “opérer depuis un autre endroit”.
Selon les médias d'État éthiopiens, l'ancien dirigeant intérimaire du Tigré, Abraham Belay, a déclaré dimanche que le gouvernement fédéral préparait une nouvelle administration temporaire pour la région. Il n'exclut pas l’organisation des élections régionales dans les prochains mois.
Le ministre érythréen de l'Information, Yemane Gebremeskel, a déclaré dimanche dans un message publié sur X qu'Addis-Abeba tentait de créer un prétexte pour attaquer l'Érythrée. Les autorités éthiopiennes accusent l'Érythrée voisine de soutenir directement l'alliance rebelle dans la guerre civile éthiopienne.
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