48 h après la série d’attaques contre plusieurs villes, la tension demeure vive au Mali. Samedi soir, le gouvernement de transition avait évoqué des attaques "complexes et coordonnées", faisant état de 16 blessés parmi les civils et les militaires, tout en assurant que "la situation est totalement sous contrôle". La même source a confirmé la mort du ministre de la Défense dans une attaque complexe visant son domicile.
Dès l’aube de samedi, des assauts coordonnés ont été lancés par la filiale locale d’Al-Qaïda et du FLA, nouvelle appellation de l’ex-CMA.
Les terroristes ont affirmé avoir ciblé notamment la résidence du président, le siège du ministère de la Défense et l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako, ainsi que des positions militaires à Kati, Gao, Kidal et Sévaré. Le FLA revendique le contrôle de la ville de Kidal.
"Tentative de coup d’État"
Pour les coopérants russes de l’Africa Corps luttant aux côtés des FAMa, l’agression des terroristes est "une tentative de coup d’État" impliquant entre 10 000 et 12 000 terroristes. Africa Corps dénonce par ailleurs la participation de "mercenaires ukrainiens et européens" équipés de systèmes sol-air de type Stinger et Mistral.
Outre Bamako, Kati, Gao, Kidal et Sévaré, les autres objectifs étaient le palais présidentiel, les garnisons militaires ainsi que la garnison de Kati, selon la même source.
Depuis samedi soir, un couvre-feu de 72 heures a été instauré à Bamako. L’aéroport international Modibo Keïta a repris ses activités après une brève fermeture dimanche.
Des opérations de ratissage sont en cours à Kidal, Kati, Gao, Sévaré et dans d’autres localités touchées, selon l'État-major de l'armée malienne.
Vague de condamnations internationales
"Ces actes ignobles, lâches et barbares contre un État souverain membre ne sauraient ébranler la volonté des vaillants peuples du Sahel à vivre libres, en paix et dans la dignité", a immédiatement réagi dans un communiqué le capitaine Ibrahima Traoré, président en exercice de l’Alliance des États du Sahel.
L’Union africaine (UA), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), ainsi que le Sénégal, la Mauritanie, le Bénin et les États-Unis ont condamné ces attaques et exprimé leur solidarité avec les autorités maliennes. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a pour sa part condamné des "actes de violence" et exprimé sa "solidarité avec le peuple malien".
Pour sa part, l’Union européenne a dénoncé les attaques du 25 avril, exprimant sa "pleine solidarité" avec les autorités et le peuple maliens, tout en réaffirmant sa détermination dans la lutte contre le terrorisme.
L’Organisation de la coopération islamique, par la voix de son secrétaire général Hissein Brahim Taha, a indiqué suivre "avec une grande préoccupation" la situation, condamnant "fermement" des attaques qui "mettent gravement en danger la vie des civils" et exprimant sa "pleine solidarité avec le peuple malien".
De son côté, la Türkiye a également condamné avec fermeté les attentats terroristes perpétrés le 25 avril dans différentes régions du Mali.
Ankara a exprimé ses prières pour le repos de l’âme des victimes et présenté ses condoléances à leurs familles ainsi qu’au peuple malien. Elle a en outre réaffirmé sa solidarité avec le Mali dans sa lutte contre le terrorisme et son soutien aux efforts visant à instaurer une paix et une stabilité durables dans la région.
Enfin, le Maroc a condamné "avec la plus grande fermeté" des actes qualifiés de "lâches et criminels", tout en réaffirmant son "soutien total" à la souveraineté, à la sécurité et à l’intégrité territoriale du Mali.
Pour le moment, les autorités maliennes n’ont communiqué aucun bilan humain et matériel. Néanmoins, Africa Corps revendique la neutralisation de plus de 1 000 terroristes et la destruction de plus de 100 véhicules.
Lire aussi: Mali: l’opinion s’indigne de la “glorification du terrorisme” par Le Monde














