Dix sept ans après les massacres du 28 septembre 2009, la Fédération internationales pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH), tout comme l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre (Avipa) plaident pour la fixation des audiences en appel.
Asmaou Diallo, présidente de l’AVIPA, encourage les autorités guinéennes à indemniser les 334 victimes répertoriées “Nous reconnaissons les efforts consentis par l’État pour engager le processus d’indemnisation, mais nous affirmons également le droit des victimes à ce que l’ensemble des procédures aillent jusqu’à leur terme. Il en va de même pour les réparations, car réparer ne signifie pas seulement remettre un chèque”, souligne la présidente.
Le président de la FIDH, Alexis Deswaef qui a fait le déplacement de Conakry pour la circonstance redoute que l’affaire ne s’enlise dans l’oublie.
“17 ans après le massacre, les victimes ne demandent pas seulement que l’on se souvienne “, déclare le président de la FIDH. “Elles demandent avant tout que justice soit rendue, que les responsabilités soient pleinement établies et que les réparations soient effectives. Alors que le processus judiciaire connaît aujourd’hui de graves revers, ma présence à Conakry est un message de solidarité : la FIDH restera aux côtés des victimes jusqu’à ce que leurs droits à la vérité, à la justice et à la réparation soient pleinement respectés.”
Le 28 septembre 2009, des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées au stade de Conakry pour demander une transition démocratique et la tenue d’élections libres. Les forces de défense et de sécurité guinéennes, notamment des membres de la garde présidentielle, ont violemment réprimé ce rassemblement pacifique. Au moins 156 personnes ont été tuées, des dizaines sont toujours portées disparues et plus d’une centaine de femmes ont été victimes de viols et d’autres formes de violences sexuelles.
Crimes contre l'humanité
Le 31 juillet 2024, le Tribunal criminel de Dixinn a reconnu la responsabilité de plusieurs hauts responsables guinéens et requalifié les faits en crimes contre l’humanité, condamnant notamment l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara, ainsi que plusieurs hauts responsables militaires à de lourdes peines.
La grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara le 28 mars 2025, et le décès en détention de deux autres condamnés, Claude Pivi (6 janvier 2026) et Aboubacar Diakité dit Toumba (25 mars 2026), ont porté de sérieux coups au processus de justice, des éléments clés du dossier ayant disparu avec eux, regrette la FIDH.
La FIDH, l’OGDH et l’Avipa estiment que l’ouverture du procès en appel contre Moussa Dadis Camara et les autres condamnés du jugement de juillet 2024, ainsi que la poursuite des procédures engagées contre les autres personnes impliquées, constituent désormais un enjeu essentiel pour les victimes.
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