Les faits se sont produits lundi matin aux abords du lycée professionnel Auguste-Béhal, où plusieurs centaines de lycéens étaient rassemblés. Selon le procureur de la République de Béthune, Étienne Thieffry, une grenade utilisée par les forces de l’ordre a explosé au niveau de la main du jeune homme.
Le procureur a indiqué ne pas être en mesure de déterminer, à ce stade, si l’adolescent avait ramassé la grenade ou si celle-ci avait été projetée sur lui.
Le jeune homme, scolarisé en seconde, a été pris en charge par les secours puis transporté au CHU de Lille. Son pronostic vital n’est pas engagé.
Une enquête judiciaire a été ouverte pour "violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente". Les investigations ont été confiées à l’IGPN afin d’établir la chronologie et les circonstances exactes des faits.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a qualifié la blessure de "situation humainement dramatique", tout en appelant à la prudence sur les circonstances de l’incident.
"Notre priorité absolue, c’est de protéger nos élèves", a déclaré mardi le ministre, qui a adressé ses pensées au jeune homme et à ses proches. Il a également rappelé qu’une enquête était en cours pour établir les faits.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a de son côté défendu mardi la réponse des forces de l’ordre. Il a estimé que leurs interventions depuis le début du mouvement se déroulaient dans "la plus grande proportionnalité" et a refusé de présenter des excuses aux lycéens blessés, renvoyant aux enquêtes de l’IGPN pour établir d’éventuelles responsabilités.
L’opposition dénonce l’usage de la force
À gauche, plusieurs responsables politiques ont dénoncé la réponse policière aux mobilisations lycéennes.
Le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, a dénoncé sur X la "répression" des lycéens, tandis que la députée LFI Clémence Guetté a mis en cause les consignes données aux forces de l’ordre.
Jean-Luc Mélenchon a, lui, dénoncé des "violences et provocations policières sans retenue" et appelé à privilégier la médiation et le dialogue avec les lycéens, dont une grande partie sont mineurs.
Les Écologistes ont appelé élus et parents à rejoindre la mobilisation lycéenne "avec des casques blancs, des brassards blancs, des vêtements blancs, pour aller protéger nos enfants dans les manifestations", a déclaré leur cheffe Marine Tondelier, à Lens, devant l’établissement de l’adolescent qui a eu la main arrachée.
Le sénateur communiste Ian Brossat a également mis en cause les consignes du ministre de l’Intérieur, tandis que des élus socialistes ont demandé des explications sur la doctrine de maintien de l’ordre.
Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a notamment réclamé l’audition de Laurent Nuñez devant la commission des lois.
La Ligue des droits de l’Homme a pour sa part dénoncé une "dérive globale" dans les interventions des forces de l’ordre face aux lycéens et a évoqué un non-respect du cadre légal.
À droite, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a qualifié l’incident de "drame terrible", tout en appelant lui aussi à établir précisément les circonstances des faits.
Selon le ministre de l’Éducation nationale, 215 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement jusqu’au 5 octobre.





















