FRANCE
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Polémique à Strasbourg autour d’un meeting pour la Palestine
La municipalité cherche-t-elle à empêcher la tenue d’un rassemblement européen pour la Palestine ? C’est ce qu’affirment les organisateurs. L’annonce de cet événement suscite une polémique, entre accusations d’antisémitisme et récupération politique.
Polémique à Strasbourg autour d’un meeting pour la Palestine
Manon Aubry, eurodéputée, et Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis doivent participer au meeting de Strasbourg (ici à gauche)

Le parti européen Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète (ELA) a loué le Palais de la musique et des congrès (PMC) pour un meeting-concert prévu le 17 juin, intitulé “Justice pour la Palestine”.

Le 5 juin dernier, de vifs échanges ont eu lieu au conseil municipal de Strasbourg. Pour certains élus, la présence du rappeur Médine est inacceptable ; pour d’autres, c’est le thème même de ce rassemblement qui pose problème. Les Républicains ont déposé une motion dont l’intitulé ne prête pas à confusion : “Non à la mise à disposition du Palais de la musique et des congrès pour le meeting-concert de Médine organisé par La France insoumise”.

La Ville dénonce une tromperie, affirmant ne pas avoir été informée de la présence du chanteur Médine, ce que conteste le parti.

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Un concert organisé par LFI ?

Ce rassemblement est organisé par un parti européen, l’Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète, qui comprend notamment dans ses rangs La France insoumise, mais également des partis de gauche finlandais, suédois, danois, espagnols, portugais, polonais et italiens. Le réduire à une initiative de LFI constitue donc un raccourci.

Ce meeting est prévu en pleine session du Parlement européen afin de mettre en avant une initiative citoyenne européenne sur les “violations des droits de l’Homme par Israël”, qui demande la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Cette initiative citoyenne européenne a recueilli à ce jour 1.223.995 signatures dans les 27 pays de l’Union européenne. La France est le pays ayant apporté le plus grand nombre de signatures, avec 441.133 soutiens.

Plusieurs personnalités de La France insoumise sont invitées, parmi lesquelles les eurodéputées Manon Aubry et Rima Hassan, le député strasbourgeois Emmanuel Fernandes et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Après le meeting, un concert est prévu avec le rappeur Médine. C’est ce point qui est à l’origine de la polémique.

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Médine antisémite ?

L’invitation du chanteur Médine alimente des accusations d’antisémitisme. Ce rappeur français, très critique à l’égard d’Israël et de la politique française, est régulièrement accusé par ses détracteurs de promouvoir un islam radical dans ses chansons. En 2023, son invitation aux universités d’été d’Europe Écologie-Les Verts et de La France insoumise avait déjà déclenché une vague de critiques.

Aujourd’hui, sa présence annoncée est utilisée par certains pour demander l’annulation du rassemblement du 17 juin.

Le Crif Alsace (Conseil représentatif des institutions juives de France) et le président de la région Grand Est, Franck Leroy, ont demandé l’annulation de la manifestation. Fabienne Keller, ancienne élue Les Républicains et eurodéputée Renaissance, a déclaré lors d’une interview sur une radio communautaire juive : “J'ai écrit à la présidente du Parlement européen pour comprendre. (...) [Médine] véhicule des messages à connotation antisémite. C'est clairement une provocation ce concert. Cela n'a pas de place à Strasbourg."

D’autres accusent La France insoumise d’antisémitisme, tout en reléguant au second plan l’objet du meeting consacré à la Palestine et à la situation à Gaza.

Strasbourg, siège du Parlement européen, se retrouve ainsi au cœur d’une controverse qui interroge son image de capitale européenne. La question posée est celle de la liberté d’expression et de la possibilité d’accueillir un événement destiné à promouvoir une initiative citoyenne européenne.

La municipalité a récemment rétabli le jumelage avec la ville de Ramat Gan, en Israël, au nom de la paix. Ce jumelage avait été suspendu par l’ancienne municipalité pendant la guerre à Gaza. En revanche, elle a maintenu le jumelage signé l’année dernière avec le camp de réfugiés palestiniens d'Aïda, en Cisjordanie occupée.

SOURCE:TRT français et agences