72 heures après une série d’attaques complexes dans plusieurs localités du Mali, une coalition de terroristes constituée des séparatistes touareg du FLA et la filiale locale d'Al Qaïda, ont pris le contrôle de la ville-clef de Kidal dans le nord. Une première depuis trois ans.
Kidal a en effet été sous le contrôle de groupes terroristes pendant plusieurs décennies. Ensuite, la localité est revenue en novembre 2023 dans le giron de l’État malien. L'armée avait alors initié une offensive appuyée par des coopérants du groupe paramilitaire russe Wagner (devenu Africa Corps depuis).
Après deux jours de combats intenses entre l'armée malienne et les groupes terroristes, le calme est revenu lundi à Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako, la capitale.
"Le but de l’ennemi était de conquérir le pouvoir, en démantelant les institutions de la République", a affirmé lundi le Premier ministre Abdoulaye Maïga, lors d'une conférence de presse diffusée par la chaîne publique, ORTM.
Il a assuré que des "enseignements" seraient tirés de ces évènements pour apporter "les correctifs nécessaires pour une meilleure sécurisation" du pays. Maiga a également appelé les populations à ne pas céder à la "panique".
“Le combat pour notre dignité et notre honneur n’est pas négociable. Nous le mènerons jusqu’à l’éradication totale du terrorisme et l’édification du Mali Kura. Ensemble, nous ferons le Mali Kura ! Qu'Allah bénisse le Mali et protège les Maliens”, a assuré Abdoulaye Maïga .
A Bamako la capitale, l'activité semblait avoir repris lundi matin, les marchés, les écoles et les bureaux étaient ouverts, tandis que la population semblait vaquer à ses occupations.
Plusieurs barrages qui avaient été érigés dans la ville par l'armée ont été levés. Mais des militaires en tenue de combat et lourdement armés étaient encore visibles dans la capitale.
Dimanche soir, le chef d'État-major de l'armée avait de son côté annoncé une "réadaptation" et un "repositionnement" du dispositif militaire dans la localité d’Anéfis, à 100 kilomètres de Kidal, dans une déclaration sur la chaîne publique ORTM.
- Deuil national -
C'est à Kati que le ministre de la Défense Sadio Camara, 47 ans, un des principaux responsables du gouvernement de transition, a été tué samedi. Il a été victime d’une attaque menée par "un véhicule piégé conduit par un kamikaze" ayant ciblé sa résidence, a annoncé le gouvernement dans un communiqué dimanche soir. Ce mardi, c’est le deuxième jour de deuil national dans tout le pays.
Le seul bilan annoncé par le gouvernement date de samedi soir, lorsque les autorités avaient annoncé 16 blessés civils et militaires et des "dégâts matériels limités". Au vu de la violence des combats, le bilan réel pourrait être nettement plus lourd, notamment parmi les civils.
Les autorités ont affirmé avoir tué plus de "200 terroristes sur l'ensemble des zones attaquées".
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