Les États membres et le Parlement européen ont décidé de repousser au 1er juin les discussions sur un dernier point de blocage, à savoir la date d'entrée en application de cette loi. Ils ont toutefois trouvé un accord de principe sur ce texte.
Ces "hubs de retour" sont vivement plébiscités par plusieurs pays européens comme le Danemark, l'Autriche et l'Allemagne, qui ont déjà commencé à imaginer où les installer et quand les ouvrir, avant même d'attendre ce feu vert européen.
Parmi les pistes envisagées: le Rwanda, l'Ouganda ou encore l'Ouzbékistan.
Le concept a été proposé par la Commission européenne il y a un peu plus d'un an, en plus d'autres mesures, toutes destinées à augmenter significativement le nombre d'expulsions du territoire européen.

Aujourd'hui, environ 20 % des décisions de renvoi prises dans l'UE aboutissent réellement.
Cela s'explique notamment par la difficulté qu'ont les États européens à renvoyer des personnes dans leur pays d'origine.
Mais ce chiffre est régulièrement brandi par les partisans d'une ligne migratoire plus ferme comme étant l'illustration d'une Europe laxiste, qui n'aurait pas de prise sur sa gestion des flux migratoires.
Sous pression pour serrer la vis, Bruxelles veut donc autoriser les États européens à envoyer des personnes dont la demande d'asile a été rejetée dans des centres installés dans des pays tiers, les fameux "hubs de retour".
Le texte inclut également des règles et des sanctions plus strictes pour les migrants refusant de quitter le sol de l'UE, comme des confiscations de documents d'identité, des détentions et des interdictions d'entrée prolongées sur le territoire.
Autant de mesures qui suscitent l'enthousiasme des droites au Parlement et de la large majorité des États membres.
"Ces nouvelles règles nous permettront de mieux contrôler qui peut entrer dans l'UE, qui peut y rester et qui doit en partir", a plaidé le commissaire européen chargé des questions migratoires, Magnus Brunner.
La gauche et les ONG sont de leur côté vent debout contre ces mesures, qu'elles jugent contraires au droit international.
Des accords "d'ici à la fin de l'année" ?
L'idée de créer des hubs pour détenir des migrants avant ou après l'examen de leur demande d'asile n'est pas nouvelle.
Elle a été testée par l'Italie en Albanie, sous l'impulsion de la Première ministre Giorgia Meloni. Mais ce centre est longtemps resté largement vide, en raison d'une série de contestations judiciaires. En début d'année, il accueillait environ 90 personnes.
Un accord avait également été scellé entre le Royaume-Uni et le Rwanda, mais Londres a rapidement abandonné le projet, là encore à cause de problèmes juridiques.
Les pays de l'UE intéressés par ces centres veulent éviter de se heurter aux mêmes obstacles.

Cinq d'entre eux se réunissent donc régulièrement à Bruxelles afin de plancher sur différents modèles.
Plusieurs sources ont dit qu'une liste d'une dizaine de pays susceptibles d'accueillir ces centres — ou des dispositifs similaires — avait déjà été établie. Un diplomate ayant requis l'anonymat assure que certains de ces pays ont même déjà été approchés.
L'Allemagne, très active sur ce dossier, a dit vouloir conclure de premiers accords "d'ici à la fin de l'année".
D'autres pays, dont la France et l'Espagne, se montrent sceptiques quant à leur efficacité et sont restés en retrait des discussions.
L'UE explore en parallèle d'autres façons d'expulser des migrants.
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