Le chef du gouvernement reconnaît des retards dans la mise en œuvre des engagements de l’État et entend identifier les blocages qui freinent les projets.
Dans une lettre adressée aux maires de Mayotte avant sa visite, Sébastien Lecornu estime que "la reconstruction et le développement du territoire sont trop lents".
Il souligne que les résultats restent "insuffisamment visibles" dans le quotidien des habitants et fait état de difficultés persistantes concernant notamment l’accès à l’eau et aux soins, la rénovation des établissements scolaires et la mise en service d’équipements publics.
Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte en décembre 2024, a fait au moins 40 morts et causé d’importants dégâts matériels. Une loi de programmation adoptée en août 2025 prévoit près de quatre milliards d’euros d’investissements pour la refondation de l’archipel dans le cadre d’une stratégie courant jusqu’en 2031.
Mais l’exécution des crédits reste largement en retard : selon le gouvernement, seuls 11,7 % des crédits votés et délégués pour 2026, soit environ 54 millions d’euros, avaient été dépensés.
Des projets toujours attendus
Sébastien Lecornu affirme que la difficulté ne réside désormais plus principalement dans le financement, mais dans la concrétisation des projets. Il veut notamment accélérer la construction d’un deuxième hôpital, d’un nouvel aéroport, d’un deuxième établissement pénitentiaire et d’une usine de dessalement.
Le Premier ministre doit également travailler avec les élus locaux sur les obstacles administratifs, fonciers et techniques qui retardent certains chantiers.
Son programme prévoit notamment une visite d’un poste de sécurité, d’un quartier faisant l’objet d’un projet de renouvellement urbain et d’une école. Il doit également s’exprimer devant l’Assemblée de Mayotte et rencontrer les maires de l’archipel.
La question migratoire figure également à l’agenda du déplacement. Le gouvernement entend poursuivre la lutte contre l’immigration clandestine et évoque une meilleure maîtrise des espaces maritimes français dans l’océan Indien.
Selon les données citées par l’exécutif, environ la moitié des 323 000 habitants de Mayotte sont de nationalité étrangère, principalement originaires des Comores.
Mécontentement dans l'archipel
La visite intervient dans un contexte de mécontentement local. La députée de Mayotte Estelle Youssouffa a dénoncé un déplacement sans nouvelles mesures concrètes, qualifiant le voyage de "tourisme ministériel".
Les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa et Snalc ont, de leur côté, appelé à des grèves et à des manifestations pendant la visite du Premier ministre.
Elles réclament notamment une hausse des salaires pour compenser le coût de la vie et un alignement des droits des habitants ultramarins sur ceux de la métropole.
Pour Sébastien Lecornu, ce déplacement constitue le premier en Outre-mer depuis sa nomination à Matignon à l’automne 2025.






















