AFRIQUE
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Élections législatives: 16 millions de Marocains votent aujourd’hui
Le Maroc renouvelle les 395 sièges de sa Chambre des représentants lors des élections législatives de ce 23 septembre. Le scrutin se déroule dans un cadre électoral réformé et dans un contexte de grogne sociale.
Élections législatives: 16 millions de Marocains votent aujourd’hui
Électrice soutenant le RNI, parti au gouvernement, ce 22 septembre à Rabat

Plus de 15,8 millions d’électeurs devront départager 7 288 candidatures issues de 28 partis. Au total, 1 850 listes sont dans la course.

26 millions de Marocains sont en fait en âge de voter, mais dix millions d’entre eux ne se sont pas inscrits.

Voilà pour les chiffres, il faut sans doute ajouter que ce scrutin du 23 septembre sera le quatrième organisé dans le pays depuis les manifestations du Printemps arabe de 2011, qui ont conduit la monarchie à partager davantage de pouvoirs avec le Parlement.

Les bureaux de vote ouvriront à 8 heures (8 h 00 GMT) et fermeront à 19 heures (19 h 00 GMT). Les premiers résultats sont généralement annoncés le lendemain d’une élection.

Quatre grands partis se disputent en fait ces élections. Celui qui arrivera en tête pourra prétendre former un gouvernement.

La coalition gouvernementale fait logiquement campagne sur son bilan. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) est arrivé en tête des élections de 2021 avec 102 sièges et le parti dirige l’actuelle coalition gouvernementale. Le Parti authenticité et modernité (PAM) et le parti de l'Istiqlal (PI) sont aussi dans cette coalition.

Ces trois formations mettent en avant la modernisation du Maroc, l’augmentation des investissements, soit quelque 20 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures en vue de la Coupe du monde 2030 de football, que le Maroc co-organisera avec l'Espagne et le Portugal.

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La vie de nombreux Marocains reste difficile

Les principales critiques adressées au gouvernement marocain, dirigé par le Premier ministre Aziz Akhannouch, portent sur le décalage entre la solidité des indicateurs macroéconomiques et les réalités sociales vécues par la population.

La croissance du PIB s’est accélérée en 2025, avec un taux estimé à 4,9 %, portée par un rebond de la production agricole et une forte augmentation des projets d’infrastructure à grande échelle. La hausse du PIB devrait être de 5 % en 2026 et, si le revenu moyen par habitant par mois s'élève à 313 $, soit 3 760 $ par an selon la Banque mondiale, ces chiffres macroéconomiques cachent de fortes disparités entre les territoires et le ruissellement économique se fait attendre pour une partie de la population.

La personnalité du chef du gouvernement Aziz Akhannouch, milliardaire et grand industriel de l'énergie (groupe Akwa), est particulièrement ciblée. Ses détracteurs estiment que l'État est géré comme une "holding d'affaires", privilégiant la rigueur budgétaire au détriment d'une écoute politique de la réalité des Marocains.

Selon Afrobarometer, le réseau panafricain et non-partisan de recherche par sondage, 60 % des Marocains considèrent la lutte contre le chômage comme une priorité.

Il faut rappeler qu’il y a tout juste une année, une vague de manifestations a secoué le royaume. Tout a commencé après la mort de huit femmes lors d'accouchements à l'hôpital d'Agadir.

Les services publics marocains sont alors montrés du doigt. Le manque de moyens et la vétusté des établissements publics de santé font la Une des médias. Les hôpitaux sont en mauvais état et manquent de personnel. Il faudrait environ 30 000 médecins supplémentaires selon les estimations, car près d'un tiers des étudiants en médecine formés au Maroc s'expatrient chaque année pour exercer à l'étranger (notamment en Europe).

En septembre 2025, la jeunesse est aussi descendue dans la rue pour demander des opportunités et du travail. Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans frôle les 30 %.

Le mouvement de la Gen Z212, né sur les réseaux sociaux, a organisé des rassemblements à travers le pays pour réclamer des réformes, la création d'emplois, la fin de la corruption et le limogeage du gouvernement.

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3 % des jeunes sont inscrits sur les listes

Dans le jeu politique marocain, le taux de participation à ces élections sera finalement le véritable enjeu. La campagne électorale semble jusqu’ici ne pas mobiliser les Marocains. La jeunesse s’en désintéresse également.

Si les 18-24 ans représentent environ 12 % de la population marocaine, ils ne constituent qu'environ 3 % des électeurs inscrits, selon les chiffres officiels, et seul un tiers des Marocains âgés de 18 à 35 ans déclare faire confiance au Parlement, au chef du gouvernement ou aux partis politiques, selon une enquête publiée en mars 2026 par Afrobarometer.

Fin juillet 2026, les images de ces jeunes Marocains tentant de rejoindre au péril de leur vie l’enclave espagnole de Ceuta ont fait douter du ruissellement du miracle économique marocain.

Selon Mohamed Masbah, directeur du Moroccan Institute for Policy Analysis (MIPA), interviewé par le média en ligne Boursier.com, l'émigration clandestine massive — comme les événements marquants observés à la frontière de Ceuta — ne doit plus être perçue comme une simple quête d'opportunités économiques. Elle s'apparente désormais à un acte de protestation politique passive.

Conscients de la grogne sous-jacente, le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti authenticité et modernité (PAM) ont tous deux placé l'emploi des jeunes au cœur de leurs campagnes, s'engageant à créer environ un million d'emplois au cours de la prochaine législature.

SOURCE:TRT français et agences