FRANCE
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France: surpopulation record dans les prisons, près de 89.000 détenus au 1er juin
Avec 89 000 détenus au 1er juin 2026, la France affiche des taux de surpopulation record. Les spécialistes français et l’ONU sont préoccupés et formulent des recommandations.
France: surpopulation record dans les prisons, près de 89.000 détenus au 1er juin
Une plaque avec le logo de l'administration pénitentiaire de la prison de Tarascon près d'Avignon, en France, le 16 avril 2025. / Reuters

La densité carcérale était de 173,2 % dans les maisons d’arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes.

La France compte 88 829 prisonniers au 1er juin 2026. C’est un nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale, rapporte l’AFP sur la base des statistiques officielles.

Cela représente une augmentation, sur un an, de près de 4 400 détenus (+5,2 %). Alors que le nombre de places opérationnelles était au 1er juin de 63 237 (+1,1 % sur un an), celui de matelas posés au sol, faute de lits, s’est établi à 7 608, en hausse de 32,1 % par rapport au 1er juin 2025.

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La densité carcérale était de 173,2 % dans les maisons d’arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes.

Le taux de suroccupation globale était de 140,5 % au 1er juin. Surveillants comme directeurs de prison alertent sans relâche sur un système pénitentiaire au bord de l’explosion.

Dans son dernier rapport annuel, publié fin mai, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, a dénoncé une "catastrophe pénitentiaire".

Parmi les conséquences, "une promiscuité générant fatigue, tensions et violences, une surveillance saturée qui laisse place à la montée des trafics et des brutalités", décrit son rapport.

L’ONU interpelle

De plus, le sous-comité de l'ONU pour la prévention de la torture (SPT) a alerté jeudi sur la "grave" surpopulation carcérale en France, qui "porte atteinte aux droits fondamentaux des détenus" et "pourrait constituer un traitement inhumain ou dégradant".

"La surpopulation carcérale est l'un des défis les plus urgents observés au cours de cette visite. Elle porte directement atteinte aux droits fondamentaux des détenus", a déclaré dans un communiqué Suzanne Jabbour, cheffe de la délégation.

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Le SPT enverra à la France un rapport confidentiel complet contenant ses observations et recommandations, et encourage la France à en autoriser la publication afin de faciliter leur mise en œuvre.

Dans son communiqué, le sous-comité exhorte d'ores et déjà la France à prendre d'urgence des mesures structurelles pour remédier à la "grave surpopulation carcérale".

La France, "mauvais élève"

La France figure parmi les très mauvais élèves de l’Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers pourtant bien inférieures.

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a exprimé son hostilité à tout dispositif de régulation carcérale, dispositif qui prévoit, comme c’est le cas en Allemagne, qu’au-delà d’un certain seuil, une entrée en détention doive s’accompagner d’une sortie.

Le ministère de la Justice compte ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d’un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

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SOURCE:TRT français et agences